dimanche 24 février 2008

MARCHER ET CELA MARCHERA BIEN


Le plaisir de marcher, c'est-à-dire de mettre un pied devant l’autre, commence à la toute petite enfance. On marche d’abord à quatre pattes, puis on monte les marches quatre à quatre pour enfin marcher à grands pas vers sa destinée. L’action de marcher ou le fait que quelque chose marche procède d’un mouvement continue jusqu’au prochain arrêt. On peut marcher seul, ce qui nous assure que personne ne nous marchera sur les pieds. On peut aussi marcher ensemble, en compagnie : en couple et marcher bras dessus bras dessous, avec une inconnue et danser une marche, avec trois compères et marcher d’un même pas, en nombre et marcher en silence, avec la foule et marcher incognito, avec une fanfare et marcher sur un air de marche.

L’action de bien marcher vous montre que finalement ça marche bien et si l’on marche difficilement c’est que cela marche à moitié. Certain qui ont marché dedans avec le pied gauche, se dise chanceux, d’autres qui ont marché sur les charbons ardents sont moins enthousiastes.
Il arrive de distinguer les personnes de notre entourage selon la façon dont ils marchent ou qu’ils font marcher. Il y a les discrets qui marchent à petits pas, sur la pointe des pieds, ou à pas de loup. Ceux là marchent à l’ombre. Il y a les plus ostentatoires qui vous marchent sur les pieds, marchent à pas de géant, bref qui exécutent des marches qui deviennent lourdes. C’est un peu marcher de surprise en surprise.

Lorsque régulièrement je vais marcher, chaussé de mes chaussures de marche avec mon matériel en état de marche, j’ai l’impression que ça marche bien pour moi. Je marche alors sur les traces de tous ces marcheurs qui m’ont précédé. Je prends plaisir à marcher le nez au vent et la tête haute. Il m’arrive parfois au détour d’un chemin de marcher à tâtons, puis après vérification de reprendre la marche à pas forcés. La passion pour la marche c’est vouloir marcher en dehors des clous c’est à dire au milieu des espaces mais sans marcher sur le bord du précipice.
La marche c’est veiller à sa santé. Car certains marchent sur la tête et ne marchent pas comme tout le monde. Que ceux là prennent garde où ils marchent, car ils peuvent raccourcir le temps de marcher vers leur propre mort. C’est marche ou crève.
Le fait que cela ne marche pas fort en économie, en politique et que beaucoup de choses marche de travers cela ne doit pas nous dispenser de marcher droit vers notre destinée. La marche triomphale doit supplanter la marche funèbre et nous forcer à marcher de concert. Refusons de marcher à notre ruine pour marcher de l’avant vers la marche du siècle.

En résumé marcher c’est « Cheminer, musarder, s'arrêter où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin. » (Jacques Lacarrière)

J’espère que par ce petit billet, je ne vous ai pas fait trop marcher et qu’il contribue aussi à ce que mon Blog marche bien.

dimanche 17 février 2008

CONCILIATION OU CONTRADICTION




Depuis très longtemps je me suis toujours interrogé sur l’omniprésence des phénomènes contradictoires dans le système relationnel des gens. Et ce mouvement se renforce au fil du temps au point qu’il est devenu un comportement majeur chez les personnes, depuis la plus petite enfance jusqu’à un âge très avancé. Un premier constat qui ne me semble pas contestable mais qui de toute façon fera l’objet d’un avis contradictoire est le suivant : dès qu’une personne adresse une opinion à quel qu’un, ce dernier répondra au mieux par une remarque complémentaire et le plus souvent par un avis contraire. C’est ce que l’on appelle l’esprit de contradiction. On a ce besoin permanent de s’affirmer en disant le contraire de ce qui vient d’être dit. C’est se mettre en situation de contestation. J’avais été marqué par le principe philosophique qui démontre que deux thèses sont toujours présentes dans un schéma démonstratif. C’est le processus dialectique qui se résume à thèse et antithèse, pour parvenir à la synthèse, à savoir la conciliation de deux thèses opposées.
Les oppositions manifestes sont le lot des relations sociales et humaines entre enfants ou adolescents contre leurs parents et inversement, comme les relations dans le couple, dans le sport, dans les jeux. Bref, dans toutes les situations de la vie privée et professionnelle. Toutes communautés n’existent que par leur opposition à une autre. C’est vrai en politique, dans l’enseignement, les religions, la concurrence commerciale, les médias, le voisinage etc…
Une expression est à peine émise ou écrite que surgit aussitôt l’opinion ou les opinions contradictoires. Là où s’exprime le plus ces phénomènes de contradictions c’est en politique. Dès que plusieurs personnes sont réunies, chacune veut faire entendre sa voie.
Pourquoi cette universalité de la contradiction ? Je crois que le phénomène vient d’une évolution des comportements sociaux qui ont subi la domination, le pouvoir, la séduction, le matraquage oral, l’éducation, l’enseignement, le prosélytisme, les déclamations, les professions de foi, les discours, les articles de presse, toutes ces situations où l’expression part de façon unilatérale d’un émetteur vers un récepteur sans qu’au préalable l’émetteur ait été à l’écoute du récepteur. Je m’explique. Tous nos comportements privilégient d’imposer notre point de vue d’abord avant de connaître le point de vue d’autrui. Exemple : le vendeur qui vous propose un article est persuadé de savoir exactement ce que vous voulez alors que vous ne vous êtes même pas exprimé. Conséquence, l’émetteur ou le vendeur propose blanc alors que le récepteur ou l’acheteur veut jaune. Il y a alors contradiction, ou opposition.
Plus on se trouve dans un contexte de contradiction, plus on est contre, plus s’installe la controverse. Alors tous les contournements sont permis. Naissent les conspirations, les contestations pouvant même provoquer physiquement des convulsions (réaction du corps qui s’oppose à son environnement). C’est ainsi que nous sommes peu ou prou tous des contradicteurs à un moment ou à un autre dont une majorité en on fait leur comportement quotidien. Si je parle le premier pour m’imposer ou imposer quelque chose je provoque une opposition et donc une contradiction.
Si cette analyse ne vous convient pas, vous pouvez bien sûr, être contre et démontrer le contraire. Dans ce cas vous allez démontrer que la plupart des gens, dont vous-même, êtes pour la concertation, et donc faits pour vous entendre en cherchant en permanence la conciliation. Cela signifie que vous mettez en œuvre des rapports de compatibilité et privilégiez la consultation préalable. Certain vous rétorqueront qu’être toujours d’accord peut signifier être en position de faiblesse.
Ne pas s’opposer, c’est baigner dans la concordance, on connait la conduite à tenir pour atteindre le « consensus omnium ». Sans aller jusqu’à la condescendance, on aspire à une bonne contribution mutuelle, afin de vouloir que les pôles opposés convergent. Bref c’est l’harmonie conviviale ou le convenu quotidien. Les antagonismes sont voués aux enfers pour laisser place à la conversion dans un esprit de confraternité.
En conclusion, parce que notre système social privilégie les mouvements du haut vers le bas (top down), de plus fort vers le plus faible, du plus gueulard vers le plus timide, du supérieur sur l’inférieur, de l’intellectuel sur l’illettré, il se développera inexorablement des mouvements inverses et contradictoires.
Que l’on soit toujours pour (c’est rare) ou toujours contre (c’est plus fréquent), l’esprit de contradiction alimente inlassablement notre état d’esprit. Enfin, avez-vous remarqué que la description des phénomènes d’opposition ou de rapprochement fait appel à beaucoup de termes commençant par con. Dans ce cas mon billet est peut être con. Non au contraire me répondrez vous !

dimanche 10 février 2008

LA JOURNEE NATIONALE DES MANIFESTANTS


Ou le grand carnaval français...


Parce que cela ne faisait pas partie des promesses électorales, Le collectif « LA RUE » a décidé, de faire de la journée du 10 février (coïncidant au début du carême), la journée nationale des manifestants. Deux motifs majeurs ont guidé ce choix. D’abord c’est la période des carnavals et des défilés de rue tout particulièrement dans les pays voisins. Ensuite, en France, le calendrier
annuel des journées pour manifestations dans les
rues est toujours encombré par les grands mouvements nationaux.
Aussi, en ce 10 février 2008 nous venons d’assister à Paris à la plus grande manifestation de manifestants qui n’aient jamais manifesté faute de moyens organisationnels. Pour une fois les longs défilés de fonctionnaires( EDF, Education Nat, GDF,RATP…) de syndicats ouvriers ( CGT, CFDT, FO,CFTC, CGC…) ou de corps de métiers connus( magistrats, infirmières, taxis, routiers, enseignants, intermittents, policiers etc.…. ainsi que les parades gays ou les cortèges étudiants, les rassemblement de « ni putes, ni soumises » et bien d’autres, avaient accepté de céder leur place à tous les nouveaux manifestants qui dans une explosion de revendications ont vu les rues de Paris leur être totalement ouvertes.

Des cars venus de toute la France ont envahi les aires de stationnements aux abords de Paris. Tous les groupes de manifestants venus des quatre coins de la France et de Paris même, ont alors emprunté l’itinéraire très classique emprunté par les habitués de la rue, les grands spécialistes des batteurs de semelles. Le départ a donc eu lieu autour de 9 heure place de la Nation, symbole du rassemblement des mécontents , pour se diriger vers la Place de la Bastille, symbole de la journée des manifestants et aller ensuite place de la République, lieu parfaitement contournable pour se diriger enfin vers la place de la Concorde, point d’arrivée et ultime rassemblement. Pour l’occasion la place a été rebaptisée « Place de la Discorde ».
Curieusement ce sont les conducteurs d’autocars qui ouvraient le grand cortège. Ils ne marchaient pas, car ce n’est pas dans leurs habitudes. Aussi, ont-ils trouvé place sur la plate-forme de trois vieux bus parisiens en scandant « solidarité » et réclamant une prime de risque pour tous transports de manifestants. Suivait tout de suite derrière le groupe des cameramen représentant les différentes chaines de télévisions. Chacun exhibait sous forme de poster la photo de leur portrait. Sur la banderole de tête, il était écrit « Nous exigeons le droit d’être connu comme ceux que nous filmons» « fini d’être caché derrière les caméras ». A signaler que certains de leurs collègues avaient été réquisitionnés pour couvrir l’évènement du jour. On les distinguait facilement car ils portaient un brassard noir. Venait ensuite un groupe important de femmes enceintes, suivies de quelques minis bus (pour la pause obligatoire), et qui exigeaient que l’on ne mentionne pas leur état de santé sur les étiquettes de boissons alcoolisées. Juste derrière un groupe de préposés communaux harnachés de sceaux et brandissant des balais de chiottes et des tuyaux d’arrosage faisaient part de leur mécontentement et réclamaient un équipement gratuit de plongée sous marine et le versement d’une prime de port de masque. A l’arrière d’une voiture transportant un immense fer à repasser, défilaient les blanchisseurs et teinturiers qui contestaient la baisse de leur chiffre d’affaires par suite de l’instauration de la loi anti-tabac. En effet, les clients avaient beaucoup moins besoin de faire nettoyer leur veste et pardessus imprégnés par l’odeur du tabac.

Apparaissait ensuite la silhouette d’un grand jeu d’échecs où les pions étaient remplacés par des V pour rappeler le V de la victoire. Derrière le panneau, les manifestants joueurs ne voulaient plus qu’on assimile leur passion à un échec mais plus à une victoire et criaient à tue tête « Victoire et Mat ». Le groupe suivant, assez conséquent en nombre, comprenait des hommes et des femmes ayant tous le bras droit attaché dans le dos. Ils représentaient certaines catégories d’enseignants qui s’offusquaient de ne pouvoir réprimander les élèves en cas de nécessité. Et c’est au cri de « Plus de baffes, mais des coups de pied au cul. » qu’ils voulaient rappeler où se situait l’autorité. Portant l’uniforme municipal, le groupe suivant distribuait des contraventions de stationnement sur les quelles ils avaient ajouté la réclamation de primes d’intempéries et surtout de risque pour relations sociales difficiles. Puis portant la toge, une grande représentation de magistrats de la Cour des Comptes revendiquait la non mise en œuvre effective de leurs recommandations qui chaque année restaient toujours lettre morte. Puis, très nombreux, les usagers, de la téléphonie mobile, portable à l’oreille, criaient leur désarroi de voir le nombre de contentieux augmenter avec les différents opérateurs de téléphone. Venaient ensuite les coiffeurs et les coiffeuses qui manifestaient contre la restauration du lundi de Pentecôte et pour l’abolition du lundi de Pâque, jour férié coïncidant avec leur jour de repos.
Suivait une banderole d’une délégation des Termes d’Aix –les-Bains, en blouse blanche, sur la quelle était écrit : « Non à la réduction de nos huit semaines de congés ». Puis c’était au groupe des députés de l’Assemblée, toutes tendances confondues qui avait pris l’initiative de se retrouver hors de leur hémicycle pour manifester contre le Président, lui reprochant de leur enlever du travail et donc le pain de la bouche et contre le projet de diminution de leurs indemnités de perte de fonction élective. Un panneau proposait même une majoration des heures de nuit à partir de 20h en été et de 18h30 en hiver.

Arrivaient ensuite les représentants des associations de cueilleurs de champignons qui demandaient l’instauration d’une loi protégeant le périmètre communale de tous envahisseurs citadins. Ces derniers devant se contenter de consommer les champignons en boîte de Paris. Une forte représentation des usagers des campings scandaient dans des portes voies le slogan suivant : « du soleil oui, de la pluie non » et demandaient le remboursement des frais de stationnement pour toutes journées de vacances passées sous la pluie. Puis derrière, un groupe de jeunes à vélos, dits « les usagers des vélos libre service » des villes concernées, faisaient teinter leur sonnette, réclamant que l’on mette également à disposition avec la location et sans surcoût : un brassard de sécurité, un casque de vélo et une cape anti-pluie. Arrivaient alors au rythme de la music techno, des jeunes se déhanchant avec ferveur tout en brandissant de petites pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « oui contre l’alcool au volant, mais transport gratuit pour rentrer chez soi ». Puis un petit groupe de religieux et de religieuses passant presque inaperçu compte tenu de leur discrétion arborait une simple pancarte sur laquelle étaient affichés ces mots : « l’Eglise recrute, venez grossir nos rangs» et « venez dans nos églises, il y a toujours des places libres et gratuites ».

Tout le long du parcours, on pouvait apercevoir les nombreux riverains regarder à leur fenêtre cet original spectacle de rue. Les uns avaient inscrits sur des affiches « Merci pour ces sympathiques défilés gratuits qui agrémentent nos dimanches » et les autres s’associait par la voie en criant des « halte à la pollution sonore, pour un vrai repos dominical ».
Le temps était fort agréable, un soleil chaud et lumineux tempérait les tristes slogans. Suivaient ensuite quelques délégations régionales en costumes locaux demandant l’autonomie régionale pour mieux diversifier la représentation européenne. Les basques étaient les plus nombreux, ils étaient suivis des bretons, puis des alsaciens et enfin des savoyards. Chants et musiques folkloriques accompagnaient les différentes délégations. Puis ont vit apparaître le long cortège des supporters du Tour de France, dont beaucoup portait d’une main la glacière de camping bleue et sur la tête une casquette jeune tout en scandant à qui voulait l’entendre : « Pour les coureurs l’EPO non, mais l’eau pure oui et pour les spectateurs, l’eau pure non, mais le Pastis oui »
C’était ainsi que l’immense cortège se poursuivait comme une immense cavalcade de foules bigarrées et costumées. Tour à tour se succédaient des groupuscules que l’on pouvait découvrir pour la première fois, comme les laveurs de carreaux qui exprimaient leur peur de rester sur le carreau ; les collectionneurs de fèves qui se battaient contre les prix prohibitifs des galettes ; les gardiens de musée qui demandaient des pauses avec exercices physiques ; les restaurateurs de monuments historiques écœurés de la faiblesse des subventions ; les usagers des transports qui réclamaient vouloir rouler gratuitement lorsque les fonctionnaires des transports publics se mettaient en grève. Ils suggéraient que ces derniers démontrent leur volonté et leur courage en arborant un brassard et en offrant leur journée de salaire à une bonne cause ; les traders pour bénéficier de l’anonymat dans l’exercice de leur fonction et l’amnistie bancaire en cas d’erreur du à la défaillance du marché des capitaux.
A ce stade du défilé, il restait encore beaucoup de petites délégations qui toutes avaient quelque chose à réclamer et qui étaient heureuses d’avoir cette journée pour le faire et se faire connaître. Certains mêmes étaient venus pour la première fois à Paris. C’était le cas entre autres des pêcheurs de truites de la vallée du Cusancin qui voyaient le coût de leur carte de pêche augmenter chaque année alors que diminuaient régulièrement la quantité annuelle de prises de poissons.
La poursuite de la description deviendrait par sa longueur fastidieuse, aussi nous présentons nos excuses auprès des délégations qui nous n’avons pas citées. Mais en s’adressant au collectif « La Rue » on peut obtenir gratuitement la brochure mentionnant tous les groupes ayant participé à la manifestation du 10 février.
Au tableau d’honneur, nous nous devions de mentionner la délégation qui nous paraissait la plus originale dans sa démarche, celle des représentants paysans –éleveurs qui en compagnie d’une large représentation d’animaux d’élevage sont venus témoigner leur opposition aux changements d’horaires d’été et d’hiver si préjudiciables au respect du rythme de vie de leur animaux.
Fermait enfin cette longue marche des manifestants de la journée nationale des manifestations, le groupe impressionnant des retraités (dont la proportion tend vers 2 français retraités pour 3 actifs). Parmi les multiples banderoles et les slogans les plus variés, on retiendra plus particulièrement : « Oui à la grande augmentation des petites retraites » « Pour l’instauration de la carte « super vermeille » véritable laisser passer pour entrés gratuites dans les lieux publics à partir de 75 ans » ou « Pour la suppression du permis de conduire à 80 ans en contre partie de l’attribution d’une carte « vermeille gold » ouvrant droit aux transports gratuits quelque soit le mode de transport.» et aussi « les retraités ne veulent plus être traités de « tamalou » » …
C’est ainsi que tard dans la soirée, les derniers manifestants rejoignaient la place de la Discorde, où une foule innombrable et colorée continuait de deviser sur le succès de la journée en attendant les cars qui allaient les reconduire dans leur région respective pour reprendre dès le lendemain leur occupations habituelles sans savoir si leurs revendications aura eu un écho.
Alors que le soleil dans des lueurs rougissantes commençait à décliner, on pouvait remarqué du haut du balcon de l’hôtel Crillon, une petite délégation de femmes de chambre toutes vêtues de blanc en compagnie de top modèles très stylées scander en cœur vers les manifestants : « Nous sommes toutes avec vous ». Plus loin, les jardins du Palais de l’Elysée étaient entourés d’un double cordon de policiers. On lisait sur leur visage le regret de n’avoir pas pu faire partie de la grande fête.
De cette folle et inoubliable journée, on retiendra in fine, que la France est capable d’avoir son grand carnaval annuel. D’autant, que l’actualité ne permet pas de laisser l’épopée carnavalesque être confisquée par le seul représentant suprême de la Nation.

PS : les exemples de délégations citées dans ce reportage fictif, dans leur grande majorité, ne sont pas imaginaires, mais le reflet d’une actualité récente lue, entendue ou vue dans divers supports médiatiques.

jeudi 7 février 2008

MES PRECEDENTS BILLETS

Mes billets d’humeur ont démarré en novembre 2007 et on les trouve sur mon Blog « Images de Marc » en pointant dans le calendrier sur les dimanches de puis le 11 novembre jusqu’au 3 février.
A titre de rappel, et pour vous faciliter la recherche, je livre ci-dessous : la liste des billets et leur date :
Dim 11/11 : Triste 11 novembre
Dim 18/11 : Les photographes
Dim 25/11 : l’avant scène de Noël
Dim 2/12 : Le marché des vanités
Dim 9/12 : Culture, vous avez dit culture
Dim 16/12 : Humeur en panne
Dim 23/12 : Colmar cherche centre d’intérêt
Dim 30/12 : de la pratique à l’utilité des vœux
Dim 20/1 : les traiteurs,les nouveaux sous-traitants des particuliers
Dim 27/1 : la complicité du livre et de la bouteille
Dim 3/2 : Des interdits au permis d’éduquer

Aller sur le lien suivant: http://www.imagesdemarc.net

A partir du Dimanche 10 février, les billets hebdomadaires sont définitivement publiés sur le site « Marc de Fabrique »
Merci de votre fidélité.

mercredi 6 février 2008

L’EDUCATION SUR QUOI ? POUR QUI ? ET COMMENT ?

Il n’y a pas un jour où sur les ondes, dans la presse et à la TV, l’on ne parle de nouvelles mesures éducatives, de campagnes d’informations pédagogiques, de spots publicitaires, tout cela dans le but de rendre nos enfants heureux et surtout intelligents et ce dans le cadre des actions et mesures prises soit disant au profit de l’éducation nationale et par voie de conséquences pour la jeunesse en phase de scolarité.
Autrefois, pour agrémenter le sain développement de nos jeunes enfants, on incitait les parents à bien leur laver les cheveux pour éviter la propagation des poux. Puis on instaura, pas très longtemps, la distribution de lait gratuit à consommer à la pause du matin. On a vu ensuite des campagnes sur le besoin de se brosser tous les jours les dents, de toujours se laver les mains, de ne pas dire de gros mots, de se montrer polis avec son instituteur, de ne pas cracher, de se moucher et j’en passe. Bref d’être un élève bien sage et bien propre qui collectionne beaucoup de bons points sur son bulletin.
Mais les temps ont évolué, les mœurs ont changé, la permissivité a fait son chemin. Fort est de constater que plus on a laissé faire, plus on est aujourd’hui obliger d’interdire… et pourtant la majorité de nos enfants mérite adoration et fierté.
Que nous réserve notre chère République pour le bien être et l’émancipation de notre jeunesse.
Ces dernières années, chez les grands élèves, on a commencé par interdire de fumer dans les salles de cours, puis dans les toilettes, dans les cours de récréation et pour ultime issue, de pouvoir en griller une, comme tous les fumeurs sans distinction, sur le trottoir. Loi oblige . Mais comme tout ce qui tue est répréhensible pourquoi donc ne pas interdire la vente de cigarettes ?
On a ensuite interdit dans les écoles publiques à propos de l’habillement tout signe distinctif pouvant avoir un rapport avec la religion. Et comme la religion est incompatible avec la laïcité et que l’école est l’essence même de la laïcité. Laïcité oblige.
Puis pour les moyens et les plus petits élèves on a fait campagne pour leur interdire toutes sucreries, boissons sucrées, friandises, petits goûters et bombons, bref tout ce qui font les petits plaisirs quotidiens de nos chérubins. Mais anti obésité oblige.
Alors on instaure la charte des bonnes pratiques en matière de restauration dans les cantines pour que la jeunesse mange équilibré. Fini le steak frites et la baguette. Diététique oblige.
On leur a également soumis des directives pour ne pas porter de sacs à dos trop grands pour ne pas surcharger le port et éviter toutes malformations du dos. Santé physique oblige.
On interdit aux enseignants toutes réprimandes sur les enfants. Surtout pas de gifle ce qui provoquerait immédiatement le dépôt de plainte de père sans re-tenue mais lâche de se cacher derrière leur uniforme. Concertation oblige.
On interdit également aux enseignants toutes marques d’affection envers les enfants, surtout pas de caresses ce qui provoquerait immédiatement en cas de dénonciation le dépôt dune plainte par des parents qui y verraient un acte de pédophilie. Morale oblige.
Puis voilà que l’on instaure une charte pour le bon entretien des toilettes des écoles. Vous savez, ces lieux dits d’aisance qui se transformeraient en lieux dits de mal- aisance. Voilà qu’en 2008 nos enfants sont pris de toutes sortes de maux de ventre faute de pouvoir se soulager. Alors que tout le monde n’a connu de tout temps, dans son école que des « chiottes » insalubres. Rien de nouveau, sauf la mise en place ridicule d’une charte! Hygiène oblige.
Enfin, le ministère de la santé ( pas de l’éducation) décide d’une campagne d’installation de distributeurs de préservatifs dans les écoles, pour que nos jeunes aînés se sentent beaucoup plus libres dès la sortie des cours. Contre le sida oblige.
A ce stade, je vous laisse le soin de compléter la liste. Je constate cependant que les interventions étatiques et régionales en matière éducative s’intéressent plus à la forme qu’au fond. Je ne dis pas que l’on ne travaille pas sur le fonctionnement de l’enseignement et ses missions. Mais que penser de toutes ces réformes ministérielles depuis 40 ans et qui sont sans arrêt remises en cause. Où est la solution ? Je doute que la commission Pochard soulève un regain d’optimisme.
Théoriser sur les principes de l’éducation de nos enfants, ne relève pas de mes compétences car elles sont fort limitées. J’ai préféré que mon humeur du jour se tourne vers les adultes et les parents que nous sommes.
Laissons aux enseignants et aux élèves la priorité de débattre sur l’éducation scolaire avec l’appui des parents d’élèves. Et faisons que la priorité de l’éducation quotidienne des enfants revienne principalement aux parents.
Alors permettez moi de suggérer cette disposition ( encore une ) Au moment où se déclare une naissance ou une adoption dans un foyer, les futurs parents seront obligés de passer un permis d’éducation des enfants. Ils suivraient des cours « d’éducation-école » sur différents thèmes comme : l’hygiène, la santé, la discipline, le civisme, la gestion des loisirs, la sexualité, les règles de l’éducation scolaire etc. etc… A l‘issu de l’examen, un inspecteur « d’éducation-école » délivrerait aux heureux parents un permis d’éducation à points. Ainsi, l’enfant qui se verrait reprocher à l’école un mauvais comportement aurait droit à une remontrance consignée dans son bulletin scolaire personnel et ses parents en plus de la signature obligatoire du bulletin de l’enfant se verraient sanctionnés par le retrait, sur leur permis d’éducation, d’un nombre de points proportionnel à l’écart de conduite de leur progéniture. En cas de retrait total du permis d’éducation, les parents seraient alors obligés de suivre des stages de remise à niveau en participant à des travaux pratiques dans des centres spécialisés de rééducation ou dans des cours particuliers de bonne conduite.
Petit à petit les jeunes se tiendraient plus droit et les parents tourneraient moins en rond. La politique du tout sens interdits ferait place à la politique du tout sens obligatoires ou giratoires.
Je vous laisse imaginer la suite !!!!
Quelle chance cependant nous avons d’avoir des enseignants qui consacrent toute leur vie professionnelle à s’occuper de nos enfants qui dans leur grande majorité méritent que l’on investisse sur eux et donc pour leur avenir.

C’était ma pointe d’humour dans un océan d’humeur.