En l’espace de moins de 12 heures, j’ai été confronté a deux informations incroyablement choquantes et ce d’autant plus que tout les oppose.
D’abord, un reportage sur les abandonnés d’Oulan- Bator dans l’émission « Envoyé spécial »:
J’ai assisté, comme beaucoup de personnes j’espère, à la diffusion de l’excellent reportage de Samuel Le Bihan, l’acteur de cinéma transformé en reporter, sur les pauvres errants de Mongolie. Jamais je n’oublierai comme lui, ce clochard et son petit enfant accroché à ses mains ; Jamais je ne pourrai oublier les larmes du pauvre homme qui coulaient sur son visage lorsqu’il évoquait devant la caméra sa misère et son isolement. On ne peut pas oublier ces deux êtres qui à la fin du reportage redescente dans la bouche d’égout pour rejoindre le recoin sombre et puant qui leur sert d’abri. Non, jamais un tel reportage ne peut nous laissé indifférent. Les belles images d’une Mongolie sauvage aux grands espaces, celle pour touriste argenté en manque de yourte et de chevaux débridés, s’efface définitivement devant le désastre de ces enfants abandonnés d’Oulan- Bator vivant comme des rats dans les souterrains hideux de la capitale ou de ces personnes creusant la terre de leur main pour espérer trouver quelques grammes d’or au fin fond d’une steppe glacée. Oui, l’image de cet homme et de son enfant (4 ans) sans avenir ne peut que nous émouvoir et nous faire réagir pour ne pas sombrer dans l’impuissance.
Ensuite le scandale des indemnités de départ de Denis Gautier-Sauvagnac ( source Marianne).
Mise en examen dans les affaires de financements occultes par l’UIMM, ce personnage n’a pas seulement démissionné des instances du syndicat patronal, mais a obtenu des indemnités de départ s’élevant à plus d’un million d’euros en contre partie d’un accord négocié sur la prise en charge des frais de condamnations de justice et de son silence sur le dossier des retraits suspects. Voilà un homme mis en examen qui par ailleurs assure ses arrières de manières éhontées. Peut être a-t-il déposé ce montant sur un compte secret du Lichtenstein comme tous ces mandarins, ces parvenus et ces riches qui n’ont même pas un regard vers ce monde bien réel de la pauvreté et de la misère.
La misère matérielle face à la misère morale. Deux mondes qui s’ignorent. L’un à l’autre bout de la planète où des marginaux sont réduits à l’état de bêtes et pleurent sur leur sort sans pouvoir espérer un secours. L’autre dans les bureaux feutrés parisiens, où les privilégiés de la finance sont réduits à spéculer encore plus, pour espérer avoir toujours plus.
On reste sans voix. Cette réalité est permanente. Mais pourra-t-on indéfiniment se contenter de reportages télévisuels ou de manchettes journalistiques ?
Je n’oublierai jamais le dernier plan du reportage de Samuel Le Bihan avec le regard de cet enfant tourné vers la caméra ( notre regard) et s’enfonçant dans le trou noir de la bouche d’égout accroché au bras de son père. Je n’oublierai jamais.
nb: publié également sur le Blog du journal l'Alsace le 29 février 2008
samedi 1 mars 2008
LA MISERE MATERIELLE FACE A LA MISERE MORALE
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1 commentaires:
Deux pensées à méditer :
"Aucune société ne peut prospérer et être heureuse dans laquelle la plus grande partie des membres est pauvre et misérable" A. Smith -1776-
"Pas de plus grand malheur que d'être insatiable. Pas de pire fléau que l'esprit de convoitise. Qui sait se borner aura toujours assez." Lao Tseu
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