Le plaisir de marcher, c'est-à-dire de mettre un pied devant l’autre, commence à la toute petite enfance. On marche d’abord à quatre pattes, puis on monte les marches quatre à quatre pour enfin marcher à grands pas vers sa destinée. L’action de marcher ou le fait que quelque chose marche procède d’un mouvement continue jusqu’au prochain arrêt. On peut marcher seul, ce qui nous assure que personne ne nous marchera sur les pieds. On peut aussi marcher ensemble, en compagnie : en couple et marcher bras dessus bras dessous, avec une inconnue et danser une marche, avec trois compères et marcher d’un même pas, en nombre et marcher en silence, avec la foule et marcher incognito, avec une fanfare et marcher sur un air de marche.
L’action de bien marcher vous montre que finalement ça marche bien et si l’on marche difficilement c’est que cela marche à moitié. Certain qui ont marché dedans avec le pied gauche, se dise chanceux, d’autres qui ont marché sur les charbons ardents sont moins enthousiastes.
Il arrive de distinguer les personnes de notre entourage selon la façon dont ils marchent ou qu’ils font marcher. Il y a les discrets qui marchent à petits pas, sur la pointe des pieds, ou à pas de loup. Ceux là marchent à l’ombre. Il y a les plus ostentatoires qui vous marchent sur les pieds, marchent à pas de géant, bref qui exécutent des marches qui deviennent lourdes. C’est un peu marcher de surprise en surprise.
Lorsque régulièrement je vais marcher, chaussé de mes chaussures de marche avec mon matériel en état de marche, j’ai l’impression que ça marche bien pour moi. Je marche alors sur les traces de tous ces marcheurs qui m’ont précédé. Je prends plaisir à marcher le nez au vent et la tête haute. Il m’arrive parfois au détour d’un chemin de marcher à tâtons, puis après vérification de reprendre la marche à pas forcés. La passion pour la marche c’est vouloir marcher en dehors des clous c’est à dire au milieu des espaces mais sans marcher sur le bord du précipice.
La marche c’est veiller à sa santé. Car certains marchent sur la tête et ne marchent pas comme tout le monde. Que ceux là prennent garde où ils marchent, car ils peuvent raccourcir le temps de marcher vers leur propre mort. C’est marche ou crève.
Le fait que cela ne marche pas fort en économie, en politique et que beaucoup de choses marche de travers cela ne doit pas nous dispenser de marcher droit vers notre destinée. La marche triomphale doit supplanter la marche funèbre et nous forcer à marcher de concert. Refusons de marcher à notre ruine pour marcher de l’avant vers la marche du siècle.
En résumé marcher c’est « Cheminer, musarder, s'arrêter où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin. » (Jacques Lacarrière)
J’espère que par ce petit billet, je ne vous ai pas fait trop marcher et qu’il contribue aussi à ce que mon Blog marche bien.
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